08/01/2013

LE CAS DE L’UNIVERSITE DE SAVOIE

L’UNIVERSITE EST D’ABORD UN SERVICE PUBLIC DE PROXIMITE

En incitant les grosses universités à absorber les petites, la mal-nommée loi sur « l'autonomie des universités » condamne Jean-Jack-Queyranne.jpgles Pays de Savoie, déjà fortement sous-dotés, à devenir un véritable désert universitaire. S'ils se réalisent, deux projets "Grenoble-Alpes Université" et "Université Rhône-Alpes", le second promu par le Président de Région Jean-Jack Queyranne lui-même, ne feront qu'éloigner encore plus les centres de décisions et mèneront inévitablement à des économies structurelles au désavantage des Pays de Savoie. Les jeunes Savoyards seront encore plus nombreux à devoir s'orienter vers des études lointaines et onéreuses, ou seront contraints de renoncer purement et simplement à leurs projets.

Attirée dans un processus de globalisation mis en œuvre par le gouvernement, affaiblie par les visées conquérantes de sa voisine grenobloise, piégée dans un projet de fusion à peine voilé mené par son ancien président, la jeune université de Savoie, qui a soufflé en 2009 ses trente bougies, risquait bel et bien de disparaître.

Cette université a été créée en 1979. C'est grâce aux efforts persévérants d’élus et d’universitaires, que notre territoire a été doté de ce service public indispensable à son développement et à son émancipation intellectuels.

L'université de Savoie a su mettre en place d’année en année des enseignements désormais reconnus sur le plan régional : l’IUT, les écoles d’ingénieurs et de management, les facultés de lettres, d’histoire, de psychologie, de sciences, de droit et d’économie, l’Institut de la montagne ainsi que récemment, l’Institut national de l’énergie solaire.

Or aujourd'hui l'université de Savoie est l’une des plus ouvertes de France ; depuis trois ans, elle est en tête des universités françaises pour le nombre d’étudiants étrangers accueillis. Les contacts internationaux avec les voisins de la Savoie sont nombreux. Aussi, les arguments éculés de repli identitaire prononcés à la tribune de la région à maintes reprises par un VP sont choquants. Une université de plein droit est parfaitement en droit de revendiquer le maintien de son autonomie. C’est tout le sens de notre intervention.

LE ROLE DU MRS

Peut-on encore inverser la vapeur ? Le Mouvement Région Savoie (MRS) a publié un dossier « L'université de Savoie a-t-elle encore une chance?», dans lequel il mesurait les conséquences de la réforme dite de « l'autonomie des universités » et en dénonçait l'absurdité. Il a souhaité et obtenu avec l’appui de nombreux universitaires un changement de Président .Il souhaite maintenant ouvrir le débat.

J'ai été le seul des élus de Savoie à réagir au projet Queyranne.

Une Grenobloise, Geneviève Fioraso, est maintenant en charge du ministère des universités. Elle n’a jamais caché que Chambéry devait entrer logiquement dans le giron grenoblois. Mais nous ne devons pas avoir la même logique.

Nous souhaitons maintenant que les élus départementaux réagissent. Ils ont finacé en partie le développement de notre Université, maigre symbole du peu d’autonomie de notre territoire. Si nous ne réagissons pas maintenant, la recherche qui avait pu se développer partira très vite ; et on sait que c’est la recherche et l’innovation qui sont aujourd’hui les moteurs de l’économie.

Le dossier complet : « L'université de Savoie a-t-elle encore une chance ? » est disponible sur le site du Mouvement Région Savoie (MRS) http://regionsavoie.org/

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07/01/2013

Une Université fédérative ? De quoi s’agit-il ?

Ualpes1.gifn nouveau texte de la Région Rhône-Alpes contiendrait l'expression "Université fédérative".

La définition pointe : Unificatrice, réunificatrice, rassembleur. Sur le plan politique, le fédéralisme est en vigueur dans beaucoup de pays du monde et particulièrement en Europe. Plusieurs républiques se présentent comme des républiques fédératives et non pas fédérales : Brésil, Transcaucasie, ex-Yougoslavie….

Une fédération des Universités de Rhône-Alpes ? Oui, pourquoi pas, notamment si la compétence universitaire est transférée aux régions. Mais il faut que le principe de l’autonomie des Universités vive ; ce sera une richesse plus grande que les économies d’échelle envisagées

S’il s’agit d’une simple mise en réseau, c’est utile. Mais il faut bien apprécier ce qu’elles ont à mettre en réseau. Il faut aussi que cette mise en réseau fédéraliste ne se traduise pas par des transferts de compétences et de gouvernance « forcés » comme l’a pratiqué le précédent gouvernement : « vous aurez des subventions si vous vous pliez à nos exigences régionales ».

S’il s’agit d’être plus grand, plus fort en se regroupant, ce n’est peut-être qu’un leurre. Le toujours plus grand n’est pas gage de meilleure qualité de l’enseignement, bien au contraire. Le centralisme appauvrit. L’Université de proximité est une richesse pour chaque territoire.

En fait, derrière ce texte directif, on sent le pouvoir jacobin résister aux demandes des collectivités, notamment des régions afin de ne pas perdre le contrôle. Ce sera donc un épisode de plus de l’acte manqué de la décentralisation.

Une simple remarque : dans les principes de base du fédéralisme, ce sont les unités de base qui se regroupent volontairement. Quand on utilise l’argent pour les obliger à se regrouper, comme l’a fait Sarkozy, ou bien qu’on décide d’en haut par une loi de les obliger comme maintenant, on ne peut utiliser le mot de fédérale, ce que J.-.J Queyranne ou les rédacteurs se sont d’ailleurs bien gardé de faire.

Ce qui vaut pour les Universités vaut pour les régions : La taille des régions.

Regardez toutes les régions de l’Arc alpin, de la Slovénie à la Savoie : les plus forts PIB, architectures, stations de montagne exemplaires, économies d’énergie, gestion des barrages, de l’eau, développement du bio…. 15 à 20 ans d’avance sur la Savoie et RA. Pourquoi ? Parce que ce sont de petites régions autonomes ou fédérales. Regardez leurs budgets au regard du maigre budget de RA 2,4 Mds pour 6 millions ha : Val d’Aoste, 1,8 Mds pour 135.000 habitants – Valais : 2,8 MDS pour 350.000 ha…. Notez qu’une Région Savoie serait la plus grande des régions de l’arc alpin !

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04/01/2013

L’AUTONOMIE DES UNIVERSITES, DEJA TRES RELATIVE, SERA-T-ELLE MISE SOUS TUTELLE ?

univsavoie.jpgLes syndicats universitaires ont été réunis 19 décembre 2012 et une présentation de l’avant-projet de loi sur les Universités leur a été faite. Envoyé au conseil d’Etat fin janvier et soumis au conseil des ministres en mars, il serait voté en juin 2013.

La réforme Sarkozy avait apporté une autonomie toute relative aux Universités et l’instauration des IDEX avait créé un système de pression tel que l’Etat pouvait imposer ses exigences de regroupement, d’économies et de choix en échange des labels et subventions qu’il accordait. 

Le projet de réforme Fioraso/Hollande est beaucoup plus direct et explicite :

« Les universités seront regroupées en grandes universités fédératrices, à raison d’une université par région ou d’une université par académie pour les régions PACA et Rhône Alpes, qui comptent 2 académies. La région Ile de France est un cas à part qui sera traité de façon spécifique. Ces grandes universités regrouperont des universités existantes, des écoles, des instituts et les autres établissements (école de commerce, enseignement privé) privés y seront rattachés sans en faire partie. »

En clair, nous retrouvons le projet porté à deux reprises par le Président de la région Rhône-Alpes en mai puis en septembre 2012, et auquel nous nous étions opposés. Peut-être s’est-il lui-même impliqué dans la rédaction de ce projet. Il faut dire que sa région a apporté depuis 10 ans des sommes considérables (près d’un milliard €) au pôle microélectronique de Grenoble dont Madame Fioraso était le porteur…

En clair aussi, pour Rhône-Alpes, il y aura deux Universités : Grenoble et Lyon. L’Université de Savoie disparaitrait, purement et simplement intégrée dans celle de Grenoble.

544px-Blason_de_l%27Universit%C3%A9_de_Grenoble.svg.png

Comment les Savoyards peuvent-ils accepter cela ?

« Les PRES sont appelés à disparaître. Les statuts juridiques des EPCS, RTRA RTRS sont appelés à disparaître. Les Fondations seront regroupées à raison d’une fondation par grande université. Cependant aucun des projets en cours n’est arrêté.

Ce sera l’université fédératrice qui négociera le contrat avec l’Etat et qui recevra le budget. Le contrat de site fera l’objet d’une régulation nationale qui mobilisera tous les opérateurs régionaux. Mais ils seront signés uniquement avec l’Etat et suivis de conventions avec les régions. »

Cet avant-projet pose de nombreuses questions :

  • Quels types de relations existeront de fait entre les différents niveaux : (université fédératrice et composantes), quelles stabilités et efficacité pour ces très grands ensembles ?

  • Y fera-t-on une meilleure recherche, un meilleur enseignement ? On sait très bien que plus c’est gros, plus c’est anonyme et le sentiment d’appartenance n’existe plus.

  • En fait, c’est l’Etat qui reprend la main en limitant de façon considérable ses interlocuteurs. Aucune fiscalité n’étant prévue au profit des régions, il est certain que l’Etat leur donnera les directives avec le financement et, à l’instar du social dans les départements, l’autonomie des régions sur cette compétence sera encore plus faible qu’auparavant. Les régions auront la même mission que les agences régionales de santé qui jonglent avec les hôpitaux pour économiser en n’hésitant pas à fermer des services.

La future loi pourra être un outil gouvernemental au service de la politique d’austérité pour le service public ; une occasion ratée de donner une véritable autonomie aux Universités comme aux régions.

Il existe une solution pour l’Université de Savoie :

Si ce projet était maintenu et voté, la seule façon de réagir, comme pour faire face à la métropolisation qui va nous assaillir de toutes parts (Grenoble au sud et la grande métropole lyonnaise à l’ouest), ce serait que les pays de Savoie se constituent enfin en région à part entière. Encore une fois, l'actualité démontre que nous devrions être prêt pour prendre en charge des compétences que la région Rhône-Alpes n'assume pas sur notre territoire, car elle préfère les centraliser. Ce sont les citoyens savoyards qui une fois de plus se priveront d'un service public pourtant essentiel à l'épanouissement de notre société.

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