23/08/2013

QUEL INTERÊT, POUR LES PAYS DE SAVOIE,DE SE CONSTITUER EN UNE REGION ?

Les projets de réforme territoriale se succèdent depuis 10 ans sans parvenir ni à décentraliser, ni à régionaliser notre pays. Les 204 pages du dernier projet étaient tellement incompréhensibles et 220px-Paris_-_Salon_du_livre_2012_-_Hervé_Gaymard_-_001.jpgcomplexes qu’elles ont été découpées en trois projets de loi. Le premier concerne essentiellement la création des métropoles et les relations de ces nouvelles collectivités avec celles déjà existantes. Il a été voté par l’Assemblée nationale le 23 juillet et comporte de nombreux amendements. Le prochain décrira les partages de compétences et le troisième abordera les moyens (fiscalité..).

Mais d’ores et déjà, quelques points peuvent concerner la Savoie et notamment l’amendement déposé par Hervé Gaymard qui pourrait ouvrir la voie à la fusion de nos départements, mais au-delà, à un début d’affranchissement des collectivités par rapport à l’État.

Les pays de Savoie restent divisés en deux départements et tergiversent depuis 20 ans sur la création Région Savoie. Depuis 1973, le MRS (Mouvement Région Savoie) propose depuis longtemps une solution qui devient aujourd’hui urgente.

Nos conseillers généraux discutent à huis clos, en catimini, d’une simple fusion de départements. Ce n’est pas la bonne voie; les départements n’ont pas d’avenir ; ils voient leurs compétences diminuer au profit des régions et disparaîtront un jour prochain.

Les futures métropoles de Lyon (3 millions ha), Grenoble (450.000 ha) et Genève (850.000 ha) vont exercer un tel pouvoir d’attraction qu’elles vont vider les pays de Savoie de leur substance. Si la région Rhône-Alpes survit à ces modifications, elle interviendra essentiellement sur les territoires de la Drôme, l’Ardèche, la Loire et ce qui restera des Savoie : une aberration.

Une Région Savoie aurait des avantages évidents pour tous les savoyards

1. La simplification : nous n’aurions plus que deux niveaux d’administration ; les communes et regroupements de communes d’une part et la région Savoie d’autre part. Plus d’enchevêtrements auxquels plus personne ne comprend rien, plus de dossiers étudiés par 4 administrations successives…

2. La proximité : les élus, certes moins nombreux, ne seraient plus des inconnus qui sont lyonnais ou ardéchois et qui connaissent si peu la Savoie. Ils auraient la maîtrise d’un vrai budget conséquent, cumulant les deux budgets des conseils généraux, la part régionale RA, les fonds structurels européens et ceux afférents aux nouvelles compétences, soit plus de 2 milliards !

3. La taille : avec sa population et son étendue, la région Savoie serait la plus grande de toutes les régions de l’arc alpin ; elle serait cependant la seule à ne pas bénéficier d’un statut d’autonomie. Elle serait aussi la seconde collectivité de l’actuelle Rhône-Alpes, juste derrière la métropole lyonnaise et devant la métropole grenobloise.

Une Région Savoie qui prendrait les compétences larges, aussi larges que la métropole lyonnaise :

1. La maîtrise des aides au développement économique et à l’innovation.
La distribution des aides économiques faite par la région RA n’est plus adaptée aux évolutions indispensables de l’économie savoyarde ; Lyon continue à arroser les terres lyonnaises et grenobloises sur des schémas du siècle passé.

2. La maitrise de la formation, l’apprentissage, l’insertion, l’aide à l’emploi, la gestion directe de tous les lycées, collèges et campus de Savoie
Ce vaste domaine de l’éducation des jeunes est géré par les régions dans tous les pays d’Europe sauf en France ; il est temps de décentraliser notre pays. Il est temps de réagir pour éviter l’augmentation de l’illettrisme.

3. La maîtrise de l’aide à la recherche et à l’Université de Savoie
Il faut savoir que la loi Fioraso, ministre de l’enseignement supérieur, prévoit une seule université par académie; cela signifie la disparition de l’Université de Savoie. Il convient donc de réagir vite.

4. La maîtrise de la répartition des aides européennes qui vont être dévolues aux régions ; elles vont représenter des sommes importantes qui ne transiteront plus par l’État, mais seront directement gérée par les régions; pourquoi donc les faire transiter par Lyon (plus de 800 millions qui vont arriver à Lyon). Si la répartition de ces fonds se réalise comme les subventions régionales à la recherche (90 % pour Lyon et Grenoble et les miettes pour la Savoie), on peut avoir de fortes craintes pour la répartition de ces 800 millions. La création d’une Région Savoie assurerait que ces sommes soient gérées par la Savoie et pour la Savoie.

5. Le développement et l’accompagnement du tourisme : pourquoi gérer depuis Lyon une activité principale de Savoie ? La première activité des pays de Savoie, première destination mondiale des sports d’hiver,, c’est bien la Savoie, ce n’est pas Lyon.

6. L’agriculture savoyarde s’est déjà organisée en une seule chambre pour les deux départements : les agriculteurs ont toujours été des gens de bon sens !

7. La responsabilité des parcs régionaux serait exercée par des Savoyards, directement et non par des lyonnais qui voient cela comme une organisation de leurs terrains de jeux.

8. La maîtrise des compétences sociales qui sont aujourd’hui celles des départements.

9. La maîtrise de la chaine des transports locaux et régionaux qui concernent la Savoie permettant ainsi d’éviter que tous les moyens soient concentrés sur le noeud lyonnais ou sur des projets internationaux fumeux et coûteux.

10. La reprise en main de son potentiel énergétique (barrages, solaire…) serait pour la région Savoie son principal enjeu.

11. L’aménagement du territoire, le foncier, et le logement.

La Savoie participerait à la conférence régionale des compétences

Par le cumul des compétences départementales et régionales (région unidépartementale) la Savoie aurait des compétences égales aux métropoles lyonnaise et grenobloise.

À la région, un débat sur la décentralisation a été organisé suite à la demande que j’avais effectuée lors de l’assemblée plénière de décembre dernier. Le projet de loi a provoqué une opposition totale de tous les groupes politiques au vu de son insuffisance et de son incohérence.

Ce débat a également permis au président de région d’exprimer sa colère face à l’audace de la métropole lyonnaise et au fait de ne pas avoir été écouté par son propre gouvernement ; il a ainsi fait une surenchère régionaliste qui a même dépassé mes propres propos.

Le MRS organisera à l’automne un débat public sur les opportunités qui se présentent en Savoie en invitant notamment des responsables alsaciens, Bretons, Valdotains, Corses, Genevois…

12:55 Publié dans Actualité régionaliste | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | | | |

Commentaires

Si vous y ajoutez la réactivation des zones franches, il y a de quoi faire un joyau de cette région qui fera pâlir l'Ile-d-France.

Si cela ne se fait pas c'est que la France a, depuis 1860, très mauvaise conscience d'avoir honteusement triché par bourrage d'urnes lors de l'annexion.

Un grande savoir indépendante associée à Genève serai l'une des plus puissantes régions d'Europe. Cela les P(h)arisiens ne le supporteraient pas. Il ne le voudront donc pas.

La France est rongée par son administration et paralysée par sa constitution monarchique. Il faut changer de régime si l'on veut sortir de ce merdier.

Écrit par : geopolis | 23/08/2013

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