12/04/2013

La parole à Denis Varaschin, président de l'université de Savoie

Voici un texte qui émane du site de la MIPRA et que je mets en ligne pour éclairer notre pétition en cours


Une offre de formations innovantes, une coopération transfrontalière approfondie :

L'Université de Savoie revendique son identité et son ancrage territorial

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Voilà exactement un an que Denis Varaschin a été porté à la Présidence de l'Université de Savoie, qu'il avait intégrée en 2007 pour enseigner l'histoire économique contemporaine et le patrimoine industriel. Sensibilisé aux problématiques liées à l'énergie, il voue une passion particulière pour l'hydro-électricité, un domaine dans lequel il fait référence. Alors qu'il pourrait donc apparaître uniquement comme un spécialiste, cet homme de convictions est un parfait connaisseur des rouages de l'enseignement supérieur, ouvert sur l'extérieur, qui entend bien consolider l'avenir de l'Université de Savoie "considérée comme le symbole de la réussite d'un modèle."

En quoi l'Université de Savoie constitue-t-elle pour vous un modèle ?

C'est celui d'une université de taille moyenne, insérée dans un écosystème territorial qui lie étroitement les forces socio-économiques et académiques. Ses effectifs en constante progression (13 000 étudiants cette année), répartis sur un territoire atypique sensiblement plus dynamique que la moyenne nationale (démographie, investissements, industrie, services, etc...) lui offre un fort potentiel de développement.

Pouvez-vous nous présenter les différentes composantes et spécificités de l'Université de Savoie ?

Comme elles sont nombreuses et très diversifiées, j'irai à l'essentiel, invitant vos lecteurs à retrouver l'ensemble des formations dispensées sur notre site www.univ-savoie.fr.

Nous accueillons nos étudiants sur trois grands sites d'enseignement - trois campus - situés à Annecy-le-Vieux, pour la Haute-Savoie, à Jacob-Bellecombette et au Bourget-du-Lac, pour la Savoie. J'ajouterai à cela que la ville de Chambéry abrite la Présidence et les services centraux de l'Université, la quasi totalité de la gestion étant réalisée en interne.

HAUTE-SAVOIE

1) A Annecy-le-Vieux, est implanté un IUT qui fut pendant longtemps le plus grand de France. Dans le cadre des formations traditionnelles (8 départements : mesures physiques, génie électrique, techniques de commercialisation, etc...), l'Institut propose une section pour les sportifs de haut niveau. Beaucoup de grands noms de l'athlétisme, du cyclisme et bien sûr du ski ont choisi cet IUT, ceux-là même qui ont rapporté à la France plus de 200 médailles, notamment lors des derniers JO d'hiver.

2) Sur ce campus est également présent Polytech (dont une autre partie se situe au Bourget-du-Lac) : les étudiants sont formés en particulier à la mécatronique.

3) Il y a là aussi l'IAE Savoie-Mont-Blanc, Institut d'Administration des Entreprises, la composante la plus dynamique de notre université ces dernières années. Nous sommes d'ailleurs dans l'obligation de limiter les effectifs de ses formations lors de la prochaine rentrée. Nous ne disposons pas des moyens indispensables : manque d'enseignants, manque de locaux.

4) Enfin, un fort laboratoire de physique, le LAPP, base arrière du CERN, une unité mixte de recherche CNRS-Université.

Notre ambition pour Annecy-le-Vieux est de faire évoluer le paradigme de ce campus, en conservant son ambition professionnelle mais en l'ouvrant sur des formations à l'international, afin de mieux répondre aux attentes des jeunes de notre région. Il faut savoir que seulement 25% des bacheliers de Haute-Savoie qui poursuivent des études supérieures viennent chez nous, les autres rejoignant Genève, Lyon et Grenoble.

SAVOIE

Trois unités de formation à Jacob-Bellecombette (Savoie) :

1) Lettres, langues et Sciences Humaines (LLSH), dont les effectifs sont de nouveau orientés à la hausse

2) Faculté de Droit où les effectifs progressent fortement, notamment grâce à la dynamique impulsée par le nouveau doyen

3) L'IAE, avec un axe de formation Tourisme Montagne, que nous entendons développer, avec le soutien de la Région Rhône-Alpes

Les formations consacrées aux énergies, dont le solaire, sont plus particulièrement implantées au Bourget-du-Lac :

Polytech, en complément du site d'Annecy, propose ici des formations orientées dans le domaine de l'énergie-bâtiment.

Sur ce campus on trouve également, un IUT de 700 étudiants, une UFR Sciences Fondamentales Appliquées (dont l'évolution défavorable des effectifs pose question) et une unité très originale, le CISM, centre inter-disciplinaire scientifique de la montagne (1100 étudiants) et ses laboratoires d'excellence faisant travailler ensemble sportifs, géographes, géologues, biologistes, chimistes et autres. Le CISM travaille aussi dans le cadre de l'Institut de la Montagne, dont l'évolution présente nous préoccupe.

Et puis l'INES, centre français de référence dans le domaine du solaire. Porté par le Conseil Général de la Savoie et la Région Rhône-Alpes avec les équipes du CEA et de l'Université de Savoie, et à un degré moindre du CNRS et du CSTB. Le CEA porte la plateforme recherche et l'Université de Savoie celle consacrée à la formation.

Comment se concrétise l'ouverture de l'Université à l'international ?

C'est une tradition. Première université pour les échanges Erasmus (sortants) depuis 2010, elle ne cherche pas pour autant à faire du chiffre pour le chiffre : les 300 étudiants chinois que nous accueillons passent auparavant dans leur pays des tests scientifiques et de langue française. Nous croyons surtout beaucoup au transfrontalier avec la Suisse et l'Italie. Nous travaillons en étroite collaboration avec l'HES-SO, une fédération d'établissements très proches des entreprises et des territoires, comme l'Université de Savoie.

Vous êtes membre de PRES Université Grenoble-Alpes et vous déplorez la disparition prochaine de cet organisme inter-universitaire. Pourquoi ?

Nous y sommes très attachés, car il correspond à une fédération d'établissements pouvant mutualiser entre eux un certain nombre de tâches, de manière bénéfique pour tous, et avec la sécurité apportée par le droit de veto. Son principal problème est une répartition très inégale des moyens. Alors que l'Université de Savoie représente plus de 20% du PRES, elle profite fort peu des moyens alloués par l'Etat et la Région, qui sont concentrés sur Grenoble. Le projet de loi mettra fin au PRES, pour aller vers des horizons incertains tant en terme de structuration que de gouvernance.

Cela nous ramène à la réforme en cours, qui ne vous convient pas, sur un point particulier. Lequel ?

La réforme envisagée laisse penser que l'Université de Savoie pourrait disparaître au profit d'un mastodonte intégrateur à l'échelle de l'académie. Nous ne croyons pas aux établissements de grande taille très difficilement gérables, mais à une fédération d'établissements, à l'échelle de la Région, et ouverte à l'international, souple et réactive, comme le préconise le Président Jean-Jacques Queyranne avec l'AURA, l'Alliance des Universités Rhône-Alpes. Pour nous, le périmètre "académie" est d'un autre âge (échelon créé en 1808...). La métropolisation et la concentration sur Grenoble qu'elle porte risque de casser ce qui fait la réussite de l'Université de Savoie : équilibre entre une formation et une recherche de qualité, proximité avec ses territoires et ouverture internationale, notamment dans un cadre transfrontalier et francophone. Il faut raisonner en termes de "territoire", une construction sociale prenant en compte les dynamiques économiques, sociales et démographiques.

Comment voyez-vous l'action de la MIPRA sur ces différents sujets ?

Nous avons au moins trois axes autour desquels il nous parait indispensable de travailler ensemble, c'est tout ce qui concerne l'eau, l'énergie-bâtiment et l'ancrage territorial. L'Université de Savoie entend être un "laboratoire territorial" en développant un projet régional et transfrontalier actif, générateur de croissance économique, de développement et d'équité sociale.

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