06/04/2013

LA SAVOIE PEUT-ELLE S’UNIR POUR PRENDRE EN MAINS SON AVENIR ?

 

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LETTRE OUVERTE AUX CONSEILLERS GENERAUX

DE NOS DEUX DEPARTEMENTS SAVOYARDS

Ce dimanche 7 avril, l’Alsace organise un referendum ; « Pour la première fois de son histoire, l’Alsace choisira son destin », déclarait le président de la région Alsace, Philippe Richert. Il rappelle l’enjeu de ce referendum pour créer le « conseil unique d’Alsace », collectivité unique qui remplacera les deux départements Alsaciens qui vont fusionner avec la région Alsace.

Les propos suivants de monsieur Richert pourraient s’appliquer à la Savoie « La vraie question porte sur la manière dont l’Alsace veut s’organiser au XXIe siècle, pour être plus efficace et rayonner davantage. . Il nous faut retrouver une vraie dynamique économique et ce projet va dans ce sens… Chacun sait aussi que le mille-feuille institutionnel ne fonctionne pas. Plutôt que de tout attendre de Paris, nous prenons notre destin en main pour faire ce qui ne s’est jamais fait. C’est une vraie démarche des Alsaciens pour les Alsaciens, y compris ceux qui viennent d’ailleurs pour participer à notre épopée. La politique, ce n’est pas que gérer le quotidien, c’est aussi donner du sens. »

Les conseillers départementaux (c’est le nouveau nom) de Savoie et Haute Savoie vont se réunir cette semaine, à huis clos, pour discuter une nouvelle fois sur l’hypothèse d’une fusion des deux départements. Mais cette fois, il y a urgence, compte-tenu des métropoles qui vont encercler les pays de Savoie, et qui, en concurrence avec la région Rhône-Alpes, vont se battre pour dépecer la Savoie de ses compétences.

Le Mouvement Région Savoie (MRS), qui milite depuis 40 ans pour la création d’une région Savoie, vient leur dire à nouveau qu’est enfin arrivé le temps de la différenciation des collectivités, que l’année qui vient peut-être déterminante pour que la Savoie assume son destin, en regroupant d’abord ses deux départements ; ensuite, elle devrait amorcer la création d’une entité nouvelle, soit le Conseil des pays de Savoie, soit la région Savoie, soit encore une vaste métropole des pays de Savoie ; elle pourrait aussi proposer au Pays de Gex (voire au Bugey ) de nous rejoindre.

Quelles conditions faut-il réunir pour réussir à créer une grande collectivité savoyarde ?

Il faut tout d’abord une volonté politique, celles des femmes et des hommes qui siègent dans les deux conseils généraux. Si nos deux assemblées départementales délibèrent et votent dans les mêmes termes le projet de fusion, celui-ci sera alors soumis au vote de tous les savoyards par referendum.

La région Rhône-Alpes devra donner son accord, disent certains ; c’est faux. Aucune collectivité ne peut exercer une tutelle sur une autre, dit la constitution ; si la majorité des Savoyards accepte l’idée d’une collectivité nouvelle (le « Conseil des Pays de Savoie ou bien une Région Savoie), la région Rhône-Alpes sera consultée, mais son vote ne sera qu’indicatif. C’est enfin au parlement qu’il reviendra, au final, d’entériner la création de la nouvelle institution savoyarde qui viendra remplacer les deux départements. Ce sera alors une simplification majeure puisqu’il n’ y aura plus que deux niveaux, celui des communes et de leurs regroupements et celui de la Région Savoie.

Il faudra travailler sur le projet de loi qui fixera le nombre d’élus, le mode de scrutin et les compétences du conseil des pays de Savoie. Il faudra lever une première difficulté, la répartition du nombre d’élus dans les deux territoires ; en effet, la Haute-Savoie, qui a vu sa population augmenter de façon importante, compte moins de conseillers généraux que la Savoie qui compte 300.000 habitants de moins.

Dans le projet de loi qui va venir en discussion, de nombreuses collectivités auront une partie ou un chapitre du texte qui leur sera consacré (les métropoles de Lyon, Marseille et Strasbourg notamment). Au nom du principe d’autonomie des collectivités, inscrit dans notre constitution, et au nom de l’égalité des territoires, il n’y aurait aucune justification de refuser à la Savoie ce qu’on autorise à d’autres territoires ; il s’agit donc bien d’une volonté politique des élus savoyards.

Il ne faut pas voir ce processus comme une simple fusion de deux départements ; dire qu’un gros département aura plus de poids face aux exigences de Rhône-Alpes est un faux argument.

Il faudra montrer que nous sommes capables, sur des sujets d’importance régionale et d’intérêt public, de créer une union la plus large possible, de l’UMP aux écologistes, avec les centristes et des socialistes. Certes, les arrière-pensées électoralistes habitent les uns et les autres et ont déjà bloqué le processus dans le passé ; mais doit-on s’arrêter à ce phénomène épidermique ? Les positions acquises aujourd’hui ne seront pas celles de demain.

L’Etat français est-il d’accord ?

Il ne s’agit pas de tourner le dos à la République ! C’est l’immobilisme qui fragilise la République et les services publics, c’est le centralisme qui étouffe la France d’aujourd’hui.

Pour le 150° anniversaire de l’annexion de la Savoie à la France, en juin 2010, Nicolas Sarkozy, après avoir fait référence au peuple savoyard, encourageait nos présidents de Conseils généraux à poursuivre leurs discussions pour la fusion des départements. Aujourd’hui François Hollande a dit qu’il laisserait les Alsaciens choisir leur voie, bien sûr en relation avec le gouvernement et avec les préfets. Cette démarche intéresse l’État. Il y a deux assemblées, il n’y en aura plus qu’une, il y a deux administrations, il n’y en aura qu’une et 20 % d’élus en moins. Il y a trois budgets (les deux CG et la région RA) il n’y en aura plus qu’un. C’est une simplification avec des économies. Dans la crise la plus grave depuis 1945 que nous vivons, le gouvernement ne peut que soutenir une démarche qui va dans le sens des économies qu’il préconise. Aux Savoyards de comprendre l’importance de ce choix. Par le passé, les évolutions nous ont souvent été imposées. Par ce processus, la Savoie choisira son destin.

Pourquoi toutes les collectivités ne pourraient-elles pas avoir l’autonomie pour s’organiser ? Plusieurs voix viennent de s’élever pour que, dans le cadre du vote de la nouvelle loi « Lebranchu », les parlementaires améliorent le texte de la loi Sarkozy qui a prévu les mécanismes de fusion des départements et des régions en les assouplissant. Pour l’instant, rien n’est prévu.

Mesdames, messieurs de nos Conseils généraux, n’ayez pas peur de transgresser les clivages politiques pour que la Savoie ne disparaisse pas de l’étouffement métropolitain.

Soyez ambitieux, ne vous trompez pas de projet, ce n'est pas d'un gros département appauvri dont veulent les citoyens, mais d'une région Savoie, certes petite, mais proche de ces habitants, et qui ne demanderait qu'à s'émanciper et développer elle-même les compétences dont elle a besoin.

MRS – Mouvement Région Savoie – La Chatelle – 73800 – Sainte Helene du lac – 0689096992

http://regionsavoie.org

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Commentaires

je salue votre discours, qui semble plein de bon sens.
j'en souligne le respect du ton, qui pour une fois n'est pas celui d'un politique du 74 ou d'un département limitrophe de la Suisse
venant pleurer sa position de victime face à un pays dont il pourrait tirer des subventions.

avec la volonté française de décentralisation datant de de Gaulle
devant corroborer la décentralisation fiscale où les impôts locaux supportent la majorité des choses
et face à cette nouvelle décision de super agglos françaises où Lyon et Marseille deviennent des pôles,

on ne peut être que favorable à tous politiques supportant votre idée de régionalisation intelligente, avec le regroupement du 74 & 73.

signé par des suisses frontaliers parents de franco-suisses plus que fatigués d'années de tyrannie antisuisses & de surfiscalisations, de mise dans le milieu politique frontalier français

Écrit par : Pierre à feu | 06/04/2013

juste une chose: faites gaffe à l'usage du symbole suisse de croix blanche sur fond rouge

car là se confrontent le respect des traditions et le business multinational agroalimentaire faisant du fric de tout:

où comme pour l'AOC du Gruyère où les gros magnats de l'agroalimentaire s'emparant du fric des consommateurs,

votre truc se situe du côté des trous, ou pas.

Écrit par : Pierre à feu | 06/04/2013

Permettez-moi de répondre pour Noël Communod, qui est très pris. Merci de vos interventions.

La croix blanche sur fond rouge qui touche les bords est l'écu traditionnel de la Savoie, qu'on pouvait voir aussi dans le drapeau de la monarchie italienne (depuis l'instauration de la république en Italie il a été supprimé). Beaucoup de produits savoyards, c'est vrai, utilisent cet emblème comme logo commercial. Le Mouvement Région Savoie pourrait entamer une discussion sur la légitimité des commerçants à se servir de symboles culturels pour vendre leurs produits, mais il serait quand même étonnant que sa conclusion soit plus restrictive, en la matière, que les lois françaises, qui à cet égard laissent libres les commerçants.

Écrit par : Rémi Mogenet | 06/04/2013

au VRP R Mogenet: comme vous l'avez lu, c'est une question de respect


comme ce truc de fromage de Gruyère dont les français s'approprient quelques trous

(on est quand même con nous les suisses en UE!)

que les français au Parlement EU ont essayé de placer dans leur patrimoine


ce qui n'empêche: le gruyère français - accepté selon l'UE, n'est que de la daube.

Écrit par : Pierre à feu | 06/04/2013

La Savoie peut s'unir. Mais c'est qui la Savoie?

dans le business alimentaire si de fausses copies de Gruyère véritable suisse a profité à de frauduleux français pendant des décades,

ont rit jaune car en fait de toxicité à payer un surmax par tous,...

et là on arrête la comm.

Écrit par : Pierre à feu | 06/04/2013

Juste pour dire à M. Pierre à feu, l'emblème de la maison de Savoie et de la Suisse a longtemps été le même, mais il se trouve que la Savoie existait - avec cet emblème - avant la Suisse et que par ailleurs la maison des Savoie a soutenu les cantons primitifs dans leur lutte originelle contre les Habsbourg.Il s'agissait à l'époque surtout de savoir à qui irait le fruit des péages alpins.
La croix était juste un symbole chrétien, plus généralement croisé et c'était aussi celui des chevaliers de Malte à l'origine, mais aussi aux touts début, un symbole utilisé par... le Saint-Empire et donc les Habsbourg ! L'histoire de la croix servant d'insigne de reconnaissance aux premiers mercenaires est une vaste plaisanterie, car à vrai dire les étendards de ceux qu'avaient à affronter les Suisses portaient très souvent ce même emblème. Sans oublier que la Suisse Romande toute entière fut savoyarde durant plusieurs siècles, avant que les Bernois ne s'en emparent... Quant à la croix du drapeau, elle date du Général Dufour, qui comme chacun sait avait fait Polytechnique (à Paris) et servit comme Capitaine d'artillerie dans les armées de Napoléon jusqu'à Waterloo...

Écrit par : Tell Epris | 10/04/2013

Au mercenaire "Tell Epris"

" L'histoire de la croix servant d'insigne de reconnaissance aux premiers mercenaires est une vaste plaisanterie, car à vrai dire les étendards de ceux qu'avaient à affronter les Suisses portaient très souvent ce même emblème. "

A vous lire, vous en faisiez partie de ces mercenaires qui guerroyaient déjà à l'époque sur les blogs du "Messager". N'est-il point ?

Quant à la Suisse romande, elle n'était pas intégralement placée sous la bannière de la Maison de Savoie. Que je sache, ni le Pays de Neuchâtel, ni la Principauté épiscopale de Bâle en faisaient partie ?
C'est un peu comme cette usurpation d'AOC de Gruyère ou d'Emmental dont l'Accoyer en Chef d'Annecy-le-Vieux voudrait s'attribuer la paternité, pour se consoler sans doute de l'abandon de son perchoir parisien. On ne veut pas le voir aboyer dans nos cuves de Gruyère, qu'il s'occupe de ses Reblochons !

Écrit par : Tell Uric | 10/04/2013

La Maison de Savoie a possédé Neuchâtel à plusieurs reprises. Même la Duchesse de Nemours n'en devait la possession qu'au fait qu'elle était veuve d'un Savoie. Et je n'ai jamais écrit sur les blogs du Messager. Bâle n'est pas la Romandie, mais ses possessions qui forment l'actuel Jura ne sont devenues Suisses qu'en 1815... En revanche, elles étaient belles et bien incluses dans le second royaume de Bourgogne, dont la maison de Savoie est l'héritière directe.
Pour ce qui est du Gruyère, vous semblez ignorer que le terme "gruyer" désignait au moyen âge l'impôt payé sous forme de roues de fromage et ce du Jura (français) aux Alpes de Savoie. Mais il est vrai que ce sont des fromagers suisses qui au XIXème ont amélioré le savoir faire local dans la vallée de Beaufort, par exemple.

Écrit par : Tell Epris | 11/04/2013

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